Economie

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6 avril 2017

La peu glorieuse incertit
La peu glorieuse incertitude du sort
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

S’il y a bien quelque chose à ne pas faire en ce moment, c’est parier sur le nom du prochain président de la République, tant le résultat paraît encore incertain à moins de trois semaines du scrutin !

Sauf nouveau coup de théâtre dans cette campagne qui n’en manque pas, il est à peu près sûr que tout se jouera entre Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen.
Mais l’ordre d’arrivée au soir du premier tour est encore loin d’être gravé dans le marbre. Si, au doigt mouillé, la candidate frontiste est en mesure de se qualifier - et peut-être même de virer en tête au soir du 23 avril - il pourrait bien y avoir photo finish pour le candidat d’En Marche ! et celui des Républicains.
Car la volatilité de l’électorat et les marges d’erreurs sondagières ne permettent pas encore de garantir le paradis ou l’enfer aux deux hommes. Et malheur à celui qui arrivera troisième…
Ce qui frappe dans ce rendez-vous, c’est cette indécision partagée par une grande partie du corps électoral : jamais on n’avait vu avant ces Présidentielles autant de personnes déclarant être encore en mesure de changer de bulletin de vote si près du but.
Les sondeurs, qui se sont régulièrement plantés ces dernières années, vont finir par s’arracher leurs derniers cheveux. Cette incertitude du sort, qui n’a rien de glorieux, en dit long sur l’état de la relation entre les Français et leurs représentants politiques. Le destin du pays les intéresse toujours – et les préoccupe – mais ils sont nombreux à ne plus croire dans le système. On leur a trop promis, sur le pouvoir d’achat, sur la République exemplaire, et on n’a pas assez tenu parole.
Marine Le Pen et François Fillon disposent chacun d’un vrai "noyau dur" d’électeurs, convaincus de leur vote. C’est moins vrai pour
Emmanuel Macron, qui récupère telle la voiture-balai du Tour de France des électeurs déboussolés, issus d’un large centre, allant de Bayrou à Valls, englobant des ministres socialistes (Le Drian) et d’anciens Chiraquiens.
Comprenne qui pourra. Les chimistes trouveraient la formule particulièrement "instable".
Le nouveau paysage politique qui sortira des urnes annonce des lendemains compliqués. Il faudra recoller des morceaux épars, dessiner d’autres frontières qui ne seront plus forcément idéologiques. Vaste programme !