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20 avril 2017

Remontada, dégringolada :
Remontada, dégringolada : des sondages en montagnes russes
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

S’il existe "un job en or", ce n’est en tout cas pas celui de sondeurs. Car ce qu’ils pensent avoir "ressenti" le lundi n’est plus qu’à moitié vrai le lendemain et, peut-être, plus du tout le vendredi suivant. Ces dernières semaines ont mis en lumière des "remontada" aussi inattendues que rapides : d’abord celle de François Fillon, revenu du diable vauvert, pour coiffer au poteau Alain Juppé à qui l’on promettait encore une victoire dans un fauteuil deux semaines seulement avant les primaires de la droite.

Ensuite celle de Jean-Luc Mélenchon, brutalement passé du statut de grande gueule et candidat protestataire à celui de leader d’une certaine gauche pouvant se qualifier pour le second tour. Rappelez-vous des voix qui, il y a encore peu, lui demandaient de se retirer pour que le candidat officiel du PS conserve ses chances...
Mais ce jeu de yoyo cruel implique aussi des "dégringolada" brutales : d’abord celle de François Fillon qui a vu le tapis se
dérober sous ses pieds après les révélations sur ses affaires. Il multiplie depuis les efforts pour colmater les brèches et remobiliser son
électorat.
Ensuite celle de Benoit Hamon, légitimé par les primaires de la gauche, mais qui n’a pas réussi depuis à fédérer son camp. Il doit en plus supporter les "trahisons" d’Emmanuel Valls et celles des tenants de la ligne la plus "libérale" du parti à la rose qui rallient Macron.
Le constat est le même pour la droite et pour la gauche : les querelles intestines et les ambitions personnelles faussent un jeu qui s’apparente davantage au poker menteur, voire au bonneteau, qu’à une saine compétition d’idées.
Dans ces montagnes russes sondagières, seuls Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont restés ces dernières semaines au même étage, dans une fourchette variant de 22 à 25%.
Pour beaucoup, cela paraît suffisant pour les voir se qualifier pour le second tour.
Ce qui devra encore être confirmé ce 23 avril...
Les partis de gouvernement, qui se sont partagés le pouvoir depuis cinquante ans, n’échapperont pas, sauf à se faire hara-kiri, à une profonde introspection et à une remise à niveau pour être de nouveau en phase avec les attentes des Français. Pour eux, c’est la seule façon d’espérer une "remontada".

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