Economie

Identification

11 juin 2019

Alain Philip : "Le (...)
Alain Philip : "Le PLU métropolitain pour organiser harmonieusement le territoire"
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Le PLUM est à l’enquête publique jusqu’au 19 juin dans les 49 communes concernées dont Nice. Il prévoit l’organisation territoriale de la moitié de la surface des Alpes-Maritimes. Le point avec Alain Philip, Directeur général des services techniques de la Métropole.

Après sa phase de concertation, le Plan Local d’Urbanisme métropolitain (PLUm) qui concerne 49 communes entourant Nice en est actuellement à l’enquête publique.
Ce travail colossal (plus de 1 000 pages !) constitue une obligation légale. Il s’intéresse aux enjeux du territoire en matière d’habitat, de mobilité, de développement économique et d’environnement. Lorsqu’il sera voté en septembre prochain, il se substituera aux documents d’urbanisme communaux actuels, tels que les PLU, POS, PDU. Il organisera les espaces de manière harmonieuse pour encadrer le développement urbain, planifier les projets d’infrastructures, préserver les espaces naturels et agricoles, en fixant les règles de construction et d’utilisation des sols.

Le point avec Alain Philip,Directeur général des services techniques de la Métropole.

- Le PLUm, une obligation pour la métropole ?

Même les villes déjà dotées d’un PLU doivent passer au PLUm lorsqu’elles sont intégrées dans une métropole. Il s’agit donc pour nous de la refonte
totale d’un nouveau document à l’échelle de nos 49 communes.

- L’enquête publique est en cours. Les gens s’y intéressent-ils ?

Il y a effectivement des personnes qui viennent rencontrer les
commissaires-enquêteurs désignés par le tribunal administratif pour des informations ou pour communiquer leurs observations. Il y a aussi des personnes qui écrivent directement comme le prévoit la loi pour faire preuve de leurs doléances. Nous avons mis en place un dispositif par voie électronique, ce qui facilite les démarches du public pour communiquer leurs demandes et remarques sans avoir même besoin de se déplacer.

- Quelles sont les préoccupations qui "remontent" ?

Ce n’est pas dévoiler un grand secret que d’annoncer que 99% des demandes concernent des intérêts particuliers. Il s’agit souvent de personnes qui veulent que leur terrain devienne constructible. Des associations envoient aussi des avis regroupés pour défendre un point de vue ou une revendication. Un certain nombre d’entre-elles, qui nous avaient fait connaître leur intérêt pour le PLUm, ont été associées dans les phases d’élaboration et de consultation. Elles ont donc fait partie des personnes
publiques consultées, au même titre que l’État, les collectivités, la CCI, etc. Lorsqu’il y a des groupements d’opposition - pas forcément politique - les dires sont en général posés dans les derniers jours de l’enquête publique.

- Quand se termine t-elle ?

Le 19 juin. Les commissaires-enquêteurs ont ensuite un mois pour remettre leur rapport. C’est un énorme travail. La Métropole analysera et intégrera en tout ou partie leurs observations s’il y en a.
Ils donneront un avis sur les demandes formulées par le public pour émettre des préconisations ou recommandations par rapport à ce document.

- Si une commune n’était pas d’accord avec le PLUm, aurait-elle une voie de recours pour s’y opposer ?

Aujourd’hui, toutes les communes ont délibéré favorablement pour aller à l’enquête publique. Deux n’ont pas répondu dans les délais impartis, leur accord est donc tacite et considéré comme favorable selon la loi. À partir du moment où les Conseils municipaux se sont déjà prononcés, il ne devrait pas y avoir de divergence sur le document final qui intégrera en grandes partie leurs remarques.

- S’agit-il d’une uniformisation ?

Pas du tout ! Tout le travail a consisté à mettre de la cohérence entre les différentes communes et leurs règlement d’urbanisme. Cela ne veut pas dire uniformiser.
Au contraire, un travail de dentelle a été réalisé pour prendre en compte les spécificités de chaque territoire. Tout a été analysé dans les PLU, POS et autres documents afin d’intégrer ces particularismes dans le PLUm de façon compatible avec les orientations générales et avec la loi. Avant le PLUm, on se retrouve par exemple avec des règles ou des zonages d’urbanisme qui changent du tout au tout entre deux communes voisines, ou encore avec des bassins versants qui ne s’arrêtent pas aux limites administratives...

- Ce document va t-il engendrer de nouvelles contraintes ?

Non, pas de nouvelles contraintes, puisqu’elles existaient déjà avant le PLUm. J’ajoute que s’il n’y a pas de règlement élaboré, on en revient au règlement national, et plus strict que celui là... Le PLUm ne résout pas tous les problèmes bien sûr, mais c’est vraiment un document d’urbanisme de clarification, de cohérence.

Propos recueillis
par Jean-Michel CHEVALIER

Photo de Une : Alain Philip, directeur général des services techniques de la Métropole. (DR)

deconnecte