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4 juillet 2019

Ces particules fines (...)
Ces particules fines ne manquent pas d'air !
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

La solution au pic d’ozone viendrait donc en partie de l’apposition sur nos pare-brises de la vignette Crit’Air, censée classifier les voitures selon le niveau de pollution supposé qui sort des pots d’échappement. Mais on a bien vu, avec l’affaire Volkswagen et ses logiciels truqués, et avec les enquêtes en cours sur d’autres constructeurs, la fiabilité des mesures des rejets des moteurs. La vignette Crit’Air a aussi ses ratés, puisque les Marseillais étouffés la semaine passée dans un nuage de "smog", ignoraient jusqu’à son existence et l’obligation d’en disposer pour être autorisés - ou pas - à circuler.

C’est dire le sérieux avec lequel cette mesure a été mise en application alors que l’état vient d’être condamné par le TA de Montreuil pour son "inaction" dans la lutte contre la pollution le long du périphérique...
Mais devons-nous tout attendre, par ordre décroissant, de l’Europe, de l’état, de la Région, du Département, des communes et des constructeurs auto ?

Certainement pas. Nos comportements individuels peuvent peser très lourd. Vendredi dernier, jour le plus chaud de l’épisode caniculaire, je constatais par exemple que comme la plupart des autres automobilistes je circulais seul dans mon véhicule disposant pourtant de cinq places. Comme tout un chacun, j’avais de bonnes raisons pour rouler : des obligations professionnelles, pas d’alternative de transport en commun sur les trajets que je devais emprunter. Quant à la bicyclette, il faisait un peu trop chaud...
Dans mon véhicule (dieselisé, je le confesse aujourd’hui comme une faute honteuse, alors que tout m’a incité à choisir ce type de motorisation il y a trois ans, à commencer par la fiscalité "douce" sur les carburants) , je ne pouvais m’empêcher de penser que si j’avais réussi à partager ma voiture ne serait-ce qu’avec les deux conducteurs de part et d’autre du mien, nos rejets auraient été divisés par trois. En multipliant par les dizaines de milliers de véhicules qui roulent un peu et bouchonnent beaucoup dans nos agglomérations, cela représenterait déjà un progrès énorme.

Reste donc à trouver le moyen d’inciter au partage. Le plus simple serait évidement une bonne grosse taxe bien dissuasive comme à Londres ou Stockholm, qui sanctionnent les voitures n’ayant pas au moins trois passagers à leur bord.
Mais ici, où nous disposons de laboratoires de recherche pointus, mieux vaudrait parier sur l’intelligence artificielle (covoiturage) et sur notre intelligence collective. Elles trouveraient là matière à s’exprimer pour le bien de notre air et celui de nos poumons.
En lisant cet été le bulletin météo, l’on voit bien que l’on n’a plus d’autre choix que de changer nos habitudes, et très vite...

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