Economie

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23 novembre 2017

L'aventure, c'est l'avent
L'aventure, c'est l'aventure, mais pas n'importe comment...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Un doigt de nationalisme et un zeste de populisme ont conduit la Catalogne au bord du gouffre. Même si elle traduit une aspiration légitime à une plus grande libertad, la piteuse aventure conduite par Carles Puigdemont coûte déjà très cher à sa chère province, avec le départ sine die de grandes entreprises espagnoles et étrangères.
Un phénomène suffisamment grave pour que Madrid appelle à la raison et demande - exhorte - les puissants groupes à rester à Barcelone pour éviter un effondrement général, synonyme de crise majeure et de chômage de masse dans une région qui, justement et jusqu’à présent, en est épargnée.
L’économie déteste l’incertitude : si des sociétés et pas des moindres ont déjà fait leurs bagages, c’est parce qu’elles craignent des lendemains qui, quoiqu’il advienne, ne seront pas enchanteurs.
Que Puigdemont et les gens qu’il a entraînés dans cette aventure (comment qualifier autrement une démarche illégale dans un pays démocratique régi par des lois et une constitution ?) soient condamnés ou pas, cela n’a finalement que peu d’importance. Car le mal est déjà fait. La confiance est rompue, et d’abord parmi les Catalans, pour longtemps irréconciliables entre ceux qui rêvent d’une grande aventure au vent de l’autonomie, et ceux qui se façon plus pragmatique se contenteraient encore d’un mariage de raison au sein de l’Espagne.
Catalogne et Brexit sont des révélateurs flagrants d’une crise identitaire au sein de l’Europe qui ne peut fondre les cultures et les particularismes locaux dans un creuset commun.
Soit. Il faudra en tirer des leçons pour éviter de nouveaux "fronts" séparatistes, au pays basque, en Écosse ou ailleurs.
Mais ces deux exemples montrent surtout dans quelle impasse se précipitent des dirigeants qui jouent sur la fibre nationaliste pour obtenir un pouvoir dont on ne sait pas exactement ce qu’ils veulent faire : plus de "libéralisme", plus de "socialisme" ? Ou plus "d’affairisme" comme certains le prétendent ?
Alors même que la Grande Bretagne a suivi un processus démocratique (un référendum légal celui-ci) pour décider de claquer la porte aux 27, on voit bien dans quelles difficultés est engluée aujourd’hui Theresa May pour négocier avec l’UE après avoir été entraînée dans une rupture avec le continent par le populiste mal coiffé de Boris Johnson.
Cela suffit pour imaginer quelle pourrait être la position de Puigdemont face à Bruxelles si son improbable pari aboutissait...
En attendant, son exil belge n’a rien de comparable avec celui du général de Londres... Le président déchu de Catalogne est plutôt gonflé d’affirmer que le gouvernement espagnol se placerait "hors de l’état de droit" et de se présenter en victime d’un coup d’état qu’il a lui même déclenché.

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