Economie

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29 août 2019

La fièvre, mais pas (...)
La fièvre, mais pas que le samedi soir...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

- Quand on a de la fièvre, il est tentant de casser le thermomètre...
C’est ce que vient de réaliser le président brésilien d’extrême-droite Jair Bolsonaro en poussant à la démission Ricardo Galvão, directeur de l’Institut national de recherches spatiales, lequel n’aurait pas les pieds sur terre… Ou, plus exactement, le pouvoir carioca lui reproche de divulguer les chiffres alarmants de la déforestation en Amazonie que ses satellites sont capables de mesurer et qui viennent contredire le président brésilien. Lequel avait promis, après la pression amicale des occidentaux, de respecter l’accord de Paris sur le climat. On se demande d’ailleurs pourquoi tant d’inquiétude : après tout, l’action des pelleteuses ne représente que l’équivalent de la surface de deux terrains de football... par minute. Faut-il se faire un sang d’encre pour si peu alors qu’il y a en plus le feu à la forêt ? Bolsonaro conteste évidemment ces chiffres. Il entend privilégier une exploitation massive, ce qui met en jeu l’équilibre écologique déjà précaire de la planète.

- Quand la fièvre persiste…
Plus de cinq mois après le début du conflit, l’ordonnance de 70 millions signée dans l’urgence par le docteur Buzyn n’a pas réussi à vaincre l’épidémie qui traverse deux cent vingt services hospitaliers en France. Un mouvement qu’a rejoint l’Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (APHM) le 15 août dernier, jour symbolique de la Bonne Mère. Le mal chronique dont souffre l’hôpital continue à couver, les soignants à dire qu’ils n’en peuvent plus de faire toujours plus avec souvent moins. Il faut d’urgence un traitement de cheval, avant que la fièvre ne galope à tout le corps social. Est-ce pour cette raison que les patrons ont choisi l’hippodrome de Longchamp pour tenir cette semaine leur université d’été ? Les paris sont ouverts !

- Mais que diable allaient-ils faire dans cette arène ?
Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, et Didier Guillaume, ci-devant ministre de l’Agriculture, ont assisté en ce chaud mois d’août à une corrida à Bayonne. Il n’y aurait rien à dire s’il s’était agi de vacanciers "lambda", mais deux ministres en exercice, cela fait plutôt désordre pour un gouvernement qui affirme être soucieux du bien-être animal. C’est un peu comme si le ministre de la Santé était surpris à dealer de la cocaïne, ou celui des Affaires étrangères invité en vacances tous frais payés en Corée du Nord… Le "lynchage" sur les réseaux sociaux n’est peut-être rien à côté de la remontée de bretelles qui les attend à leur retour à Paris. Juste pour sourire, l’article 2 du Décret n° 2017-1081 du 24 mai 2017 relatif aux attributions du ministre de l’agriculture et de l’alimentation : "Il définit et met en œuvre la politique en matière de santé des plantes et des animaux"…

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