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21 mars 2019

Opérette "Au pays du (...)
Opérette "Au pays du sourire" et tragédie "Paris brûle t-il ?"
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Quelle leçon ! Alors qu’à Paris les banques, les brasseries, les kiosques à journaux, les voitures et j’en oublie ont brûlé dans les rues, que des incendies volontaires d’immeubles habités auraient pu faire des morts, que des magasins des Champs-Élysées ont été pillés et leurs vitrines pulvérisées, à Alger la jeunesse a choisi l’arme désarmante du sourire pour dire à Bouteflika qu’il est pour lui largement temps d’aller cultiver son jardin. Et qu’il emporte dans ses bagages la dernière garde politique et militaire ayant fait main basse sur le pays depuis son indépendance. Ce "dégagisme" tout en douceur traduit une maturité politique que peu soupçonnaient à vrai dire...

Tandis qu’une foule pacifique défile dans la ville blanche, le ciel de notre capitale est noirci par la fumée des incendies. Semaine après semaine, on s’offusque, on promet "une sévérité exemplaire" pour les casseurs qui réussissent leur "œuvre" de destruction malgré les coups de menton d’un ministre de l’Intérieur dont les troupes sont à l’évidence débordées et dans l’incapacité de protéger les personnes et les biens.

Le préfet de police limogé, pourquoi pas. Mais il est plus que temps de s’interroger sur les conditions d’un maintien de l’ordre efficace et républicain dans une démocratie traversée et menacée par des forces obscures qui veulent l’abattre.
La période est aussi inquiétante que les jusqu’au-boutistes casqués qui mènent de mini opérations commando jusque et y compris contre les voitures de gendarmerie et de police, obligées de fuir sous la menace d’énergumènes casqués et aux visages camouflés. Scènes assez surréalistes...
Les annonces post grand débat suffiront-elles à calmer les esprits, à répondre aux attentes, à restaurer un climat "normal" ?

oOo

Le Bataclan et les terrasses, l’Hyper Cacher, Nice, Berlin, Barcelone, Strasbourg, Utrecht peut-être... à cette tragique et sanglante litanie vient désormais s’ajouter Christchurch en Nouvelle-Zélande. Le fanatisme, la bêtise, la peur de l’autre, l’aveuglement n’ont décidément ni frontières ni religion. Ils se nourrissent de fantasmes d’un autre âge, lorsque l’on brûlait les apostats et arrachait la langue des (supposées) sorcières avec la certitude absolue d’agir pour la gloire d’un Dieu tout puissant à défaut d’être miséricordieux.
Le siècle des Lumières, les progrès techniques, la hausse généralisée du niveau de vie dans la plupart des pays n’ont pas réussi à chasser l’obscurantisme qui sommeille toujours dans nos sociétés. Toutes les sociétés, même celles qui aux antipodes, entre océan Pacifique et mer de Tasmanie, pouvaient se croire à l’abri.

Un obscurantisme tisonné par des journaux télévisés anxiogènes qui infusent chaque jour, à 20 heures, avec la régularité du métronome, le poison mortel de la violence. Des images qui donnent à penser que chaque roquette tirée au Moyen-Orient va venir s’écrabouiller dans notre propre jardin, entre la poire et le fromage.

Les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans sincères et "bons pères de famille" sont les cibles et les otages d’une violence inqualifiable, d’un nihilisme absolu, qui traduisent la haine entretenue par des "intellectuels" vaseux et complotistes diffusant des théories absurdes.

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