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14 novembre 2019

Restera t-il des oiseaux
Restera t-il des oiseaux pour chanter l'année prochaine ?
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Les coccinelles, les libellules et les petits oiseaux ont encore du souci à se faire !
Sous la pression de groupes d’opinion, le gouvernement a fini par clouer au pilori le glyphosate à partir du 1er janvier 2021 et même au 1er janvier 2023 pour certains usages, le temps d’écouler les stocks.
C’est plutôt bien. Quoique... Une très sérieuse mission parlementaire vient nous apprendre que les produits de remplacement auraient des effets peut-être pires encore (si c’est possible) que l’herbicide tant décrié...
Dans les champs et les jardins, les bestioles ne savent plus à quelle sauce chimique elles passeront de vie à trépas.
En attendant, qui sait, notre tour...

Selon le rapport, quelques 8 831 tonnes de glyphosate ont été répandues en 2017 dans nos vertes campagnes et sur nos balcons en Paca. Une guerre chimique à outrance, un bombardement massif sur les blés et les géraniums, même si ces chiffres sont partiels et ne prennent pas en compte les autres produits "génocidaires" répandus. Les agriculteurs sont, de leur propre aveu, mal préparés à l’après-glyphosate. Ils sont même les premières victimes de pratiques dont, aujourd’hui, on mesure les dégâts dans toute leur ampleur. Le modèle extensif des cultures mis en œuvre après la guerre a certes nourri les populations mais l’on s’aperçoit chaque jour davantage des ravages sur l’environnement : sans glypho-machin ou herbi-truc, il faudra désherber mécaniquement, ce qui renchérira les coûts et renverra encore plus de CO2 et de particules (plus ou moins) fines dans l’air...
Quant aux produits de substitution, les scientifiques tirent déjà la sonnette d’alarme en indiquant que ces "remèdes" risquent d’être encore plus toxiques que le mal actuel...
Sur ce sujet crucial, le monde politique a réagi à la demande - forte - des populations, relayées par les réseaux sociaux, avec des arguments "vrais" et d’autres disons assez "imprécis". Devant ce vacarme organisé et pourtant bien intentionné, la position des chercheurs indépendants a t-elle été seulement audible ?
La raison l’a t-elle emporté ?
Quoiqu’il en soit, le Muséum d’histoire naturelle et le CNRS ont confirmé la disparition d’un tiers des oiseaux de nos villes et campagnes ces quinze dernières années : trop sensibles aux pollutions, à la dégradation des milieux, à l’appauvrissement des sols et à l’effondrement des populations d’insectes...
Sans doute Jean de la Fontaine aurait-il trouvé matière à une fable pour illustrer cette situation... En attendant, on pourra entonner avec Rouget de Lisle : "Allons enfants du petit peuple de l’air, des eaux et de l’herbe, la biodiversité est en danger !"

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