Economie

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22 août 2019

S'il n'y avait que (...)
S'il n'y avait que le climat qui soit déréglé...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

- Dans la série on n’arrête pas le progrès, le Japon a repris la chasse à la baleine le long de ses côtes. Cela faisait trente ans que l’archipel respectait des accords internationaux sur lesquels, désormais, il s’assoit sans état d’âme. Sachant que la durée de gestation chez ces mammifères est de douze mois en moyenne, on mesure l’impact de ce prélèvement effectué au nom des "traditions" et pour fabriquer des produits aussi indispensables que du rouge à lèvre ou des soupes. Et puisque l’on parle de tradition, rappelons que jadis les baleiniers allaient affronter leurs proie à la force des rames et au harpon, ce qui ne manquait pas de panache et limitait les prises. Aujourd’hui, les bateaux sont équipés de puissants moteurs, d’électronique pour débusquer leurs proies et de harpons qui n’ont plus rien à envier aux canons d’artillerie...
Le constat de l’avidité (et de la bêtise humaine) est le même avec le rhinocéros massacré au nom des prétendues vertus aphrodisiaques de sa corne, les éléphants (durée de gestation 22 mois) pour l’ivoire de leurs défenses, les pangolins pour leurs écailles, les tigres pour leurs peaux transformées en descentes de lit ou en trophées au mur. Et dans les Landes et ailleurs dans notre douce France les petits oiseaux, parce qu’ils ont le tort de survoler, par tradition, cette région pour rejoindre leurs territoires de migration...
- Le gouvernement veut lutter contre le gaspillage de la ressource en eau. C’est une bonne idée, puisqu’avec le réchauffement climatique, les experts chiffrent à 40% la baisse du niveau des rivières qui alimentent les nappes phréatiques au cours des cinquante prochaines années. Si, au doigt mouillé, le discret ministre de la transition écologique François de Rugy veut jouer sur des tarifs (à la hausse) pour limiter la consommation, il
serait aussi bien inspiré d’inciter les compagnies exploitantes à moderniser les réseaux de distribution qui fuient de toute part, gaspillant d’énormes volumes sans que personne en ait conscience.
- Plusieurs associations et groupes activistes ont bloqué le siège d’Amazon France à Clichy-sous-Bois pour dénoncer le risque que cette entreprise fait courir à l’environnement. Ils reprochent au géant de la distribution de créer une surproduction de biens matériels, donc du gaspillage, et d’abuser du transport par avion, donc de la pollution. Sans parler de la destruction des éco-systèmes locaux - petits commerçants, librairies - dont l’existence est menacée par la concurrence du commerce en ligne. Si le constat paraît exact, comment lutter contre un phénomène sociétal de fond ?

That’s the question, et on ne trouvera pas la réponse sur internet...

Jean-Michel CHEVALIER

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