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3 mai 2018

Grèves : à l'encontre (...)
Grèves : à l'encontre de quelques idées reçues de leur coût et conséquences...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

"Gréviculture" ou pas, les mouvements sociaux ont un vrai coût pour l’économie générale, les entreprises, les salariés et... les grévistes. On a sorti la calculette.

Le temps "ressenti"

En matière de grève, il existe une vraie différence entre le "ressenti" du public
et le coût réel pour la collectivité. Ainsi, le mouvement de 1995 qui avait paralysé le pays n’a t-il coûté au final que 0,2 point de croissance, soit peu de choses. Mais au niveau macro économique, il a eu par exemple des effets désastreux sur le tourisme et sur les transports.

Retenues sur salaires

La grande grève de 2018, c’est bien sûr celle de la SNCF, qui fait marcher à pied des millions de personnes deux jours par semaine. Contrairement à une idée reçue, les jours d’arrêt de travail ne sont pas payés aux cheminots. Pour un salaire de 2 000 euros mensuel, le débrayage coûte donc entre 553 et 675 euros de retenue par mois. (Dans cette entreprise, 60% des salariés gagnent moins de 1 800 euros mensuels).

Cette chère SNCF

Des trains qui ne roulent pas, des salariés qui sont à leur poste de travail et qu’il faut payer, des billets et des abonnements à rembourser... La facture est salée pour la SNCF, son président Guillaume Pepy l’a chiffrée à 20 millions d’euros par jour.
Une ardoise qui creuse encore un peu plus le déficit abyssal de la société : 55 milliards d’euros ! (à titre de comparaison, le budget de la France est de 710 milliards).

Pénalités supplémentaires

Mais la SNCF doit aussi supporter des pénalités lorsque ses trains régionaux
ne roulent pas. Ainsi, en Ile de France, l’autorité de la mobilité a t-elle prévu dans son contrat une "amende" d’un million d’euros par jour et vient-elle de

Air France

Alors qu’Air France présentait - enfin - des comptes dans le bleu ciel après plusieurs années dans le rouge, les personnels qui ont réalisé des efforts pour redresser la compagnie réclament maintenant un "retour sur investissement", soit une augmentation de salaire correspondant peu ou prou au blocage de ces dernières années.
Rien qu’en mars, les vols annulés ont représenté une perte de 170 millions
selon la direction de l’entreprise.faire voter un avenant pour encore alourdir la sanction...

2 milliards par jour !

Tout calcul est sujet à caution, mais les économistes estiment à 2 milliards par jour le coût d’une grève nationale. Pour arriver à ce chiffre, ils amputent le PIB français journalier (9 milliards) de 15% représentant la baisse d’activité moyenne.

Le tourisme impacté

Le tourisme est un secteur sensible. Les grèves actuelles risquent d’inciter
les vacanciers étrangers à choisir une autre destination que la France, par peur de se retrouver "en carafe" sans train ni avion. Une crainte exprimée notamment par Denis Cippolini, président des hôteliers de la Côte d’Azur, et l’ensemble de la profession. Surtout que les mouvements d’Air France et de la SNCF interviennent au moment où la clientèle effectue ses réservations.

Les principales craintes

La Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) a tiré "le signal d’alarme", estimant "que l’ensemble de l’économie française risque d’être rapidement impacté" si les mouvements perdurent. Les craintes exprimées par les mouvements patronaux concernent surtout la perte de chiffre d’affaires, la production qui risque d’être touchée et l’impact sur l’image de la France.

Photo de Une (Nice mai 2018 DR JMC)

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