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18 juillet 2019

"Record-France " : (...)
"Record-France " : grâce à elles, l'entreprise familiale tient la route !
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Cinq femmes président aux destinées du fabriquant antibois d’amortisseurs pour voitures et poids lourds. Une belle success-story...

Au volant, ce sont les troisièmes et quatrièmes générations qui pilotent les destinées de "Record France", entreprise antiboise spécialisée dans la fabrication d’amortisseurs pour voitures et poids lourds. Une belle saga
familiale, débutée dans un simple garage près du lycée Masséna, il y a quelques décennies, par les aïeux, Jean et Roland Cudon. Aujourd’hui - accrochez vos ceintures - le fabriquant réalise un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros et expédie 50% de sa production à l’étranger !

"Évolution des mentalités"


Outre le savoir-faire et l’excellence des produits - nous parlons de pièces de sécurité et on ne "plaisante" évidemment pas avec la qualité - cette entreprise a la particularité d’avoir des femmes aux commandes dans un univers auto plutôt masculin : Anne-Marie est directrice générale ; sa sœur Geneviève est directrice des achats, et trois de leurs filles y assurent d’autres postes à responsabilité : Marie-Aude (ingénieure Arts et Métiers en mécanique) est directrice technique ; Blandine (diplômes de gestion de production et de gestion d’entreprise) est adjointe de direction et Claire dirige la comptabilité.
"Il y a incontestablement une évolution des mentalités sur les rapports hommes-femmes. Autrefois, quand un client téléphonait, dès que la question devenait technique, il demandait à parler à un homme. Pour eux, c’était évident, les femmes s’occupaient de secrétariat, de comptabilité... Ce n’est plus le cas maintenant" raconte Blandine. "Mais la génération de ma mère et de ma tante a dû batailler pour imposer sa légitimité".

Des blocages à vaincre

Tout récemment, une grosse machine-outil de l’usine est tombée en panne. "Record-France" a vu arriver une technicienne pour la réparer. C’est une première. De la même façon, deux des poids lourds du transporteur qui vient charger les expéditions sont conduits par des femmes. Plus personne ne s’en étonne.
"Il y a encore beaucoup de femmes qui considèrent que l’industrie n’est pas un secteur pour elles. Le bruit, les odeurs dans les ateliers et la peur d’avoir à porter des charges lourdes les rebutent encore". Et alors que, dans les faits, il n’est pas nécessaire d’être un hercule de foire pour travailler dans la mécanique, la métallurgie, grâce aux machines et robots qui remplacent les biscottos.
Malgré ces préjugés, 30% de la centaine d’employés de "Record-France" sont des femmes. Sans doute encore insuffisant, mais ce n’est déjà pas mal !
"Il est vrai que pour les embauches nous recevons plus de candidatures d’hommes" reconnaît Blandine. Mais elle a aussi constaté qu’au grand salon annuel des équipementiers de l’automobile, les femmes sont de plus en plus nombreuses sur les stands, y compris sur les postes "techniques". Elles ne plus cantonnées au rôle d’hôtesse, comme il n’y a pas si longtemps.
"Record-France" fabrique des amortisseurs de "deuxième monte" adaptés à la quasi totalité des modèles VL et PL, tandis que 15% de sa production est destinée à la "première monte" dans différents secteurs d’activité comme les voitures sans permis.
Le bureau d’études permet aussi de développer des amortisseurs pour des engins agricoles, des remorques, des machines industrielles (à laver et même des friteuses) ou pour hélicoptères. Ces matériels sont protégés par différents brevets (le premier déposé au début des années 60) car ils sont très techniques, composés d’une quarantaine de pièces en moyenne.
Avec tant de créativité, il n’est pas étonnant que "Record-France" ait autant de... ressort !

Photo de Une : Blandine Berrettoni devant un stock d’amortisseurs prêts à être expédiés. Pour elle, aujourd’hui, plus personne ne s’étonne de la compétence des femmes dans des métiers techniques. (DR)

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