TGI de Nice : huit nouveaux magistrats installés


Droit


3 octobre 2016

C’est par une minute de silence que l’audience solennelle d’installation de nouveaux magistrats au TGI de Nice a débuté ce lundi. Une minute à la mémoire des victimes de l’attentat du 14 juillet, en particulier de celle de Maître Myriam Bellazouz, avocate au barreau de Nice, et du commissaire Groult, directeur départemental adjoint de la police aux frontières dont les vies furent volées ce soir là avec celles de 84 autres innocents.

"Un policier et une avocate honorés en même temps dans un palais de justice, cela donne tout son sens à notre démocratie que certains essayent d’abattre" a déclaré en ouverture d’audience le président du tribunal de grande instance Alain Chateauneuf.

Avant de revenir sur l’attentat et sur la lutte contre le terrorisme, le procureur de la République Jean-Marie Prêtre a évoqué de la situation du parquet niçois : "avec trois postes non pourvus sur seize, nous sommes encore loin du compte nécessaire pour apporter une réponse judiciaire à la mesure des besoins de la population".

Le président et le procureur ont ensuite présenté les magistrats qui ont été installés.

Cette audience s’est déroulée en présence de François-Xavier Lauch, directeur de cabinet représentant le Préfet des Alpes-Maritimes ; de Jean-Claude Guibal, député-maire de Menton ; de Charles Ange Ginesy, député représentant Eric Ciotti président du conseil départemental ; de Mme Lippi, consul général d’Italie à Nice ; du bâtonnier Randon de l’Ordre des avocats de Nice ; des présidents de la chambre des notaires et de la chambre des huissiers ; des représentants du maire de Nice, de la Région, des forces de police, de gendarmerie, des douanes ; du directeur de la maison d’arrêt, et de nombreux magistrats représentant le TGI de Nice, la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence et de Monaco.

Démocratie, république : "Sur le fil du rasoir"

Le Procureur J-M Prêtre - DR

"Je crois pouvoir dire que pour la justice en général il y a eu un avant, il y a un après attentat".
Le procureur Jean-Michel Prêtre a annoncé lors de cette audience que son parquet a traité 70 affaires "de cette nature" depuis le 14 juillet.

"Il s’agit d’une priorité devenue totalement première. Elle s’inscrit dans l’action coordonnée des forces de la Nation, notamment avec les services de l’Etat et des collectivités locales".

Il a rappelé que depuis 1986 "des lois antiterroristes se succèdent en France sur un régime d’exception (...) Il faut regarder les choses en face : nous sommes sur le fil du rasoir car cette situation est une source importante de tensions et de très grand péril pour notre République".
Ìl a noté que si l’accumulation des mesures répressives lutte efficacement contre le terrorisme, elle ne l’arrête pas pour autant.

"Le premier piège pour nos démocraties est de voir s’autodétruire nos propres valeurs", citant l’exemple des lettres de cachet qui pendant la période révolutionnaire permettaient d’arrêter et d’enfermer en dehors même de tout crime ou délit commis.
"Oui, il est possible de mener la guerre contre le terrorisme sans nous renier nous même".


Jean-Michel Chevalier