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27 avril 2017

Vous avez le bonjour (...)
Vous avez le bonjour de Nicolas
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Nul besoin d’avoir caché des micros sous la table pour se douter qu’au petit-déjeuner qui s’est déroulé, ce lundi matin, au domicile de Nicolas Sarkozy, il a été décidé de porter l’estocade finale à François Fillon. Si sa défaite ne fait pas rire ceux qui, en toute bonne foi, croyaient au pragmatisme de son programme, elle signe en tout cas un coup de frein brutal sinon définitif à la carrière politique de celui qui imaginait il y a encore peu s’installer à l’Élysée. Surtout après le tour de piste réussi des primaires de la droite qui avait renvoyé dans leurs cordes Alain Juppé, Bruno Lemaire et consorts.

Les révélations du Pénélopegate et les annonces mal maîtrisées - en particulier celle sur la sécurité sociale - en ont décidé autrement pour l’ancien Premier ministre. Qui a été soutenu, malgré tout, assez loyalement par les ténors de son camp. Ils n’ont pas voulu, ou pu, le débarquer au milieu de la campagne pour le remplacer par un autre, au profil moins discutable.
Pas sûr non plus que cette défaite attriste beaucoup Nicolas Sarkozy, discret en public, mais toujours actif en coulisses. Gardant un capital sympathie important dans son parti, il n’a fait que le strict minimum pour soutenir dans l’épreuve son ancien "collaborateur". Un mot qui en dit assez long sur l’estime que l’ex-président porte à François Fillon.
Maintenant que celui-ci n’est plus dans la course de la "reconquista" du pouvoir suprême, Les Républicains vont devoir, comme les socialistes, clarifier leur ligne politique. Et se choisir un chef...
Les ambitions ne manquent pas. Les talents non plus. François Baroin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et d’autres louveteaux incarnent ce renouvellement que les Français ont exprimé si fort dimanche dernier.
Mais, entre les partisans d’une ligne droitière (Wauquiez) ou plus sociale (NKM), sur quoi ces "quadra-quinquas" sont-ils d’accord sur le fond ? Une fois les législatives passées, l’heure de la reconstruction aura sonné pour cette famille de pensée s’estimant "majoritaire" dans le pays sans avoir réussi à le prouver dans les urnes.
À 62 ans, et avec des dents encore bien aiguisées, Nicolas Sarkozy n’a sans doute pas encore dit son dernier mot. Et s’il jure maintenant abandonner la politique, cette promesse engage évidemment davantage ceux qui y croient que lui même...

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