Construction : En immersi

Construction : En immersion sur un chantier

Les 27 et 28 mars, la Fédération du bâtiment des Alpes-Maritimes organisait la 23e édition des Coulisses du BTP. Visite de chantier à La Colle-sur-Loup avec des collégiens de Menton.


Chantier du gymnase ultra moderne
qui viendra enrichir l’offre sportive
du collège Yves Klein de La Colle-sur-Loup ©S.G

« Il faut que je boive car je vais parler toute la journée », confie Thierry Brisson, conducteur de travaux, avant la deuxième visite programmée pour cette seconde journée des Coulisses du BTP, vendredi 28 mars. Une troisième l’attend dans l’après-midi et il sait que sa voix est précieuse pour arriver à se faire entendre devant des élèves pas toujours silencieux, encore plus sur le chantier où il doit également composer avec le bruit assourdissant des machines. En face de son jeune auditoire, Thierry Brisson, qui travaille chez Spada depuis 20 ans, évoque sa formation, son parcours avant de parler du projet en lui-même, porté par le département des Alpes-Maritimes : un gymnase ultra moderne qui viendra enrichir l’offre sportive du collège Yves Klein de La Colle-sur-Loup (livraison prévue en mars 2026). De quoi rendre un peu jaloux les plus de 40 élèves de 4e venus du collège André Maurois de Menton. Parfois un peu dissipés, ils s’intéressent toutefois réellement au chantier, de la salle des plans jusqu’aux opérations de terrassement. Et les questions fusent : « Est-ce que c’est biodégradable ? », « Est-ce que c’est bon pour la planète ? », « Combien de temps a mis l’architecte pour le design ? » « À quoi sert ce plan ? Est-ce que c’est bien payé ? »…

« Gratifiant »

Pour Florent Noiray : "ce sont aussi des métiers pour lesquels il faut de l’intelligence, pour la conception, la réalisation et la préparation du chantier" ©S.G

L’entreprise Spada participe aux Coulisses du BTP depuis le début. « C’est une conviction. Si on veut que des jeunes viennent travailler dans le BTP, il faut qu’on leur montre le métier le plus tôt possible », confie Florent Noiray, directeur général de l’entreprise de construction centenaire. « On n’a pas souvent l’occasion de voir un chantier ou alors de l’extérieur derrière une barrière et on ne se rend pas compte de ce que c’est. Ici, on est sur un chantier pour le gymnase d’un collège, cela permet d’intéresser directement les élèves et de voir la genèse d’un bâtiment qu’ils fréquentent régulièrement. Et on leur fait visiter le chantier dans une phase qu’on n’a pas forcément l’habitude de montrer mais qui est aussi intéressante, celle du terrassement et des fondations spéciales. On ne voit pas encore le bâtiment mais on voit déjà son empreinte sur le terrain et les contraintes géologiques. » Le directeur général de Spada a conscience que le BTP « a du mal à attirer les jeunes. Sûrement parce qu’ils n’ont pas la bonne conception. Je ne nie pas le fait que ce sont des métiers exigeants, physiques, en extérieur. Mais ce sont aussi des métiers pour lesquels il faut de l’intelligence, pour la conception, la réalisation et la préparation du chantier. » Dans un communiqué de presse, la FBTP 06 rappelait que ces coulisses sont une opportunité de « faire découvrir aux jeunes ce qui se cache derrière les palissades d’un chantier et, ainsi, lever tous les préjugés ».

« Échanger avec des professionnels »

Et des préjugés il y en a encore. Plusieurs garçons du collège ont été surpris d’entendre qu’il y avait des femmes grutières ou conductrices d’engins. Si un seul envisage sérieusement de se lancer dans ces métiers, plutôt en tant qu’électricien, deux jeunes filles souhaitent devenir architectes, attirées par le dessin et le passage de la conception à la réalisation. « On attend qu’il y ait plus de femmes dans nos métiers », relève Florent Noiray, et «  cela prend plus de temps à se développer que ce que j’aimerais  ». Parmi les jeunes, Nathan a « vraiment apprécié de pouvoir visiter les coulisses  » d’un chantier. « C’était très enrichissant  », confirme son camarade Jules. «  Pour eux c’est l’occasion d’aller vers une entreprise et surtout de pouvoir échanger avec des professionnels sur leur vécu », expose leur enseignant de technologie, Majid Karam. La suite pour les visiteurs d’un jour du chantier ? « Ils vont faire un exposé pour leurs camarades qui n’ont pas pu venir », répond le professeur, qui enseigne la technologie à six classes, soit près de 160 élèves.

Photo de Une : ©Sébastien GUINÉ