Economie

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26 décembre 2019

Encore bien content (...)
Encore bien content de payer des impôts, non ?
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

À quoi servent les impôts ? À financer les investissements publics pardi, à faire "tourner" les services de l’état, à payer les fonctionnaires bien sûr, et j’en oublie...

Mais aussi à raboter les inégalités entre les plus riches - de plus en plus riches en raison de l’encouragement de l’ultra libéralisme venu des pays anglo-saxons - et les plus pauvres - qui sont de plus en plus nombreux.
Ainsi, l’Insee relève que "grâce" aux "efforts" de Bercy, l’écart du revenu moyen des 20% les plus aisés et celui des plus 20% les plus modestes est divisé par deux après l’impôt et le versement des prestations sociales.

Le principe des vases communicants produit donc ses effets, et encore nous ne sommes pas dans un régime "collectiviste" !
Il n’empêche que les 10% des Français les plus aisés possèdent la moitié du patrimoine sous forme de placements diversifiés : livrets, logements, assurances-vie, bourse etc. Depuis les années 90, leurs revenus ont continué à augmenter beaucoup plus vite que celui de la classe moyenne qui constitue le gros des troupes de la population.

Les spécialistes de la spécialité pointent cependant les effets pervers de la disparition de l’ISF, remplacé par l’IFI, voulu par Macron pour orienter l’épargne vers l’économie réelle plutôt que vers la pierre. Cette évolution de la fiscalité a encore creusé le fossé souligne l’Insee. De même que le prélèvement unique et forfaitaire des revenus du capital, qui remplace la progressivité de l’impôt. Autrement dit : l’effort fiscal est d’autant moins important que l’on est aisé. À ce petit jeu, il y a même des inégalités criantes entre les "riches" et les très riches". Les premiers peuvent s’estimer lésés dans ce qui perd gagne de la redistribution : Mélenchon au secours !

Si, pendant très longtemps, les inégalités ont pu être considérées comme la "récompense" du talent ou du risque pris, si certains ont pu y voir un "stimulant" pour se bouger, aujourd’hui ce discours ne passe évidemment plus. Parce que l’ascenseur social qui permettait jadis au fils de paysan illettré de devenir maître d’école et pourquoi pas député ou ministre est bloqué. On passe difficilement d’un étage à l’autre.
La génération actuelle estime qu’elle vit moins bien que ses parents qui connurent les 30 glorieuses, mais mieux sans doute que ses enfants. Cette différence est ressentie comme une injustice. Elle génère la colère, et l’on a bien vu la difficulté de Castaner pour rester assis sur le couvercle bouillant des gilets jaunes pendant plus de... quarante semaines.

Signe des temps, une trentaine de très grandes entreprises (Danone, Axa, BNP, Engie etc.) ont pris l’engagement de lutter contre les inégalités lors du récent G7 de Biarritz. Le "grand capital" au secours de Marx, cela peut sembler cocasse, mais cela traduit aussi la prise de conscience d’une
désespérance qui s’est exprimée dans la rue et que le gouvernement serait bien inspiré de traiter.

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