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30 novembre 2017

Ici, les jeunes pousses
Ici, les jeunes pousses disposent d'un terreau fertile, mais...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Des startups, des incubateurs, des couveuses, des pépinières, des hôtels d’entreprises, des accompagnements divers et variés avant de se lancer dans le grand bain... En France, jeunes et moins jeunes ne manquent pas d’énergie pour créer. Et si l’on n’a que peu de pétrole et pas le droit d’extraire du gaz de schiste, on ne manque vraiment pas d’idées. Nous sommes même, derrière les États-Unis évidemment, l’un des pays à déposer le plus de brevets, ce qui est rassurant sur le "niveau" de notre recherche et la preuve d’un dynamisme qui, malheureusement, ne se traduit pas encore dans les chiffres de l’emploi.
Car s’il est facile - tout est relatif - d’avoir une idée, c’est beaucoup plus compliqué de la mettre en œuvre, nonobstant les aides et appuis divers proposés aux apprentis entrepreneurs.
Malgré des efforts louables, la "bureaucratie" est encore à l’œuvre et nombre de projets tardent à se traduire dans les faits. Une pile de formulaires à remplir et à faire tamponner, cela représente des mois d’attente pour un financement pourtant indispensable pour le décollage.
C’est tellement vrai que nombre de talents, formés ici dans nos grandes écoles, partent tenter leur chance sous d’autres cieux où ils sont reçus à bras ouverts.
En Californie, par exemple, les capitaux risques se réunissent rapidement. Une fois les investisseurs convaincus, l’affaire peut démarrer aussitôt. Elle doit aussi faire très vite ses preuves, c’est brutal mais efficace.
Ici, des startups naissent chaque jour. Et l’on espère toujours que parmi elles se trouvera la success-story, le Google de demain, qui pourrait être imaginé et développé à Sophia ou dans l’Eco Vallée de Nice. Pourquoi pas ? Cependant, rien n’est plus incertain...

La réalité, c’est que beaucoup de jeunes pousses en restent au stade embryonnaire sans réussir à percer. Soit parce qu’il n’y a pas de marché sur le créneau - c’est fréquent - soit parce que l’environnement économique, social, fiscal et autres ne permet pas un épanouissement assez rapide pour assurer la durabilité du projet.

L’autre difficulté consiste à faire "vivre" la startup, à l’installer dans le tissu local. Beaucoup de créateurs sont attirés par la nouveauté et le "lancement", pas par la gestion et l’exploitation à long terme : sitôt née, sitôt revendue, quand cela est possible, et fréquemment à l’étranger...
Dommage tout de même que le talent des jeunes qui ont fait ici leurs études et mis leurs tripes dans un projet ne soit pas toujours "exploité" dans le terreau qui leur a permis d’éclore...

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