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25 octobre 2018

Quand les cyclistes (...)
Quand les cyclistes tombent sur un "hoax"...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Ainsi, la carte grise et l’immatriculation obligatoire pour les vélos, annoncées à grand renfort de trompettes la semaine passée par des médias jouant à l’unisson, était un "hoax". Une fausse nouvelle, une infox reprise en chœur, qui fit quelques gros titres avant de très vite retomber dans l’oubli, lorsque la ministre des transports en personne s’est fendue d’un tweet pour dire que dans cette affaire c’étaient les sites internet qui pédalaient dans la choucroute.
Le principe même du "hoax" consiste à faire circuler une nouvelle fantaisiste qui a toutes les apparences du vrai. En l’occurence, celui de la carte grise vélocipédique a fonctionné au delà de toute espérance, piégeant des médias - même ceux considérés comme les plus sérieux - qui ont oublié l’une des principales règles du métier : la vérification de l’info. Voilà qui devrait donner à réfléchir aux titulaires de la carte de presse qui, pris dans le tourbillon d’emplois du temps démentiels, s’affranchissent trop souvent de ce principe de précaution élémentaire sur lequel repose leur crédibilité.
En tous cas, voilà qui a donné matière aux complotistes, toujours prêts à enfourcher un cheval pour se mettre en selle... Et si cette histoire de carte grise sonnait si vraie, c’est avant tout parce qu’elle est "tombée" au même moment de l’annonce gouvernementale sur la possibilité pour les villes de se
doter de péages urbains pour lutter contre les bouchons.
D’aucun auront vu dans ces nouveaux péages un "ballon d’essai", lancé en l’air pour voir les retombées. Si personne ne réagit, alors on peut y aller...
Quant aux vélos, qui dit carte grise implique "taxe"... Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ne se seraient sûrement pas privés de faire le sprint pour renflouer les caisses de l’État. Mais il fallait "seulement" comprendre que l’on voulait inciter les cyclistes à faire graver leurs vélos pour lutter contre les vols qui se multiplient. Ah bon, quelle bonne idée, personne n’y avait pensé avant ! Il fallait donc à tout le moins une nouvelle loi ou un décret... Heureusement que nos excellences se mobilisent pour faire notre bonheur à notre place.
Mais le nouveau ministre de l’Intérieur est plutôt partagé sur ce rétropédalage. Il se réjouit que ses policiers ne passent pas leur temps à courir après les vélos volés, même si cela leur aurait fait faire un peu d’exercice. Il a aussi conscience que la non-immatriculation des pédalos terrestres prive ses hommes de PV faciles pour décorer des engins sans plaque ni papiers lorsqu’ils sont garés sur les trottoirs.
Décidément, la perfection n’est pas de ce monde...

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