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18 décembre 2018

La Banque Postale : (...)
La Banque Postale : il faut compter avec elle
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Le partenaire financier historique des collectivités tisse désormais aussi sa toile dans le monde de l’entreprise. Avec de grandes ambitions.

Mais non, La Poste n’est pas une belle endormie ! L’arrivée récente de La Banque Postale sur le marché "business" a quelque peu modifié le paysage du financement des entreprises et des collectivités, jusqu’alors dominé par le secteur bancaire "traditionnel". L’opérateur postal avance pas-à-pas, investissant des "niches" que les financiers historiques n’ont pas forcément la souplesse d’aller chercher. Une stratégie qui lui réussit plutôt bien. Le point avec Jean-Claude Gauthier, directeur national du réseau "Entreprises et territoires", de passage à Nice la semaine dernière, où il a rencontré ses principaux clients.

Touchées par les baisses de dotation de l’État, les petites communes font-elles appel à vos services pour compenser ?

Oui, bien sûr, dans la limite de leurs capacités. Si elles ont des soldes de gestion qui leur permettent de le faire, un équilibre est réalisé pour de l’investissement construit avec de l’endettement. Nous sommes tout particulièrement présents auprès des petites collectivités locales. Chez nous, les communes de moins de 5 000 habitants représentent un crédit sur deux passé avec le secteur public, et 300 millions d’euros prêtés à long terme. Pour La Banque Postale, c’est un marché extrêmement important, avec une gamme de produits qui démarre à 50 000 euros, et même parfois moins.

Mais si elles ont moins de "recettes", peuvent-elles maintenir leurs efforts d’investissements ?

Notre rôle, c’est de les accompagner. Notre service des études fait référence en la matière, avec une profondeur historique remontant quasiment à la décentralisation. La situation de cette clientèle est très hétérogène, selon les régions. Tout cela dans un monde où les compétences ont tendance à remonter : des communes vers les communautés de communes, avec des transferts de compétences. La carte se recompose. Au plan national, nous avons plutôt un maintien des soldes de gestion et des capacités à faire, parce que les collectivités ont pris conscience de la nécessité d’une gestion rigoureuse, car on voit bien qu’augmenter les impôts est politiquement une solution difficile. L’ajustement par la gestion leur permet de maintenir pour une large part leur niveau d’investissement.

Et les Métropoles, boostent-elles aussi l’activité ?

Naturellement. Prenez l’exemple de Marseille, qui était une ville lourdement endettée. Elle avait des difficultés à aller plus loin. Avec la création de la Métropole Aix-Marseille, elle a retrouvé du souffle. Nous sommes ses premiers banquiers. Pareil pour Nice. Les Métropoles permettent à de très grands projets de voir le jour, comme le tramway à Nice, le renouvellement du métro à Marseille. Ils ont un impact puissant sur l’aménagement et l’activité du territoire.

Disparition de la taxe d’habitation : sentez-vous une inquiétude chez les élus ?

Évidemment. Il y a cependant l’assurance de l’État de compenser le "un pour un". Mais, dans le temps, la dynamique ne sera peut-être plus la même, et c’est sans doute cela qui inquiète les maires.

Les entrepreneurs estiment qu’ils ont encore des difficultés pour financer leurs activités. Votre sentiment ?

Non, les statistiques de la Banque de France montrent qu’après la période compliquée post 2008, les financements sont revenus à des niveaux très satisfaisants. Aujourd’hui, les banques prêtent assez largement et les entreprises trouvent à se financer sans difficultés particulières. Bien sûr, il peut exister des profils trop risqués, ou des profils sur lesquels la banque ne répond pas. Nous en avons bien conscience et nous avons développé des
outils, comme le rachat de KissKissBankBank (KKBB) qui fait du crowdfunding et lève des fonds pour des secteurs que nous avons du mal à financer, comme la création, les investissements de brevets, etc. Nous sommes imaginatifs, en avance sur ces domaines.

Les taux vont-ils remonter ?

La Banque Centrale Européenne n’a pas encore relevé ses taux. Des indicateurs montrent un début de ralentissement économique. Si vous êtes entrepreneur, avec de belles perspectives de marchés et de marges, vous pouvez emprunter dans de bonnes conditions.

Des projets de banque en ligne ?

Les banques full internet, c’est encore pour les particuliers. Plus tard, les évolutions technologiques vont sans doute révolutionner les pratiques des entreprises. Nous préparons "Ma French Banque", qui va sortir en 2019, et qui va révolutionner les rapports clientèle-banque.


Le Centre d’Affaires de Nice

Le centre d’affaires de Nice a été ouvert il y a trois ans. Il est dédié aux PME et ETI, aux associations et aux institutionnels, collectivités territoriales en particulier.
Il est animé par deux chargés d’affaires et deux assistants, qui proposent du financement pour l’exploitation ou l’investissement, pour tous types d’opérations jusqu’à l’out bilan. Il agrège une quarantaine de nouveaux clients par an.

En quelques chiffres

Résultats 2017 avant impôts : 1 138M€ (+11,3%).
Résultat net part du groupe : 764 M€ (+10,1%).
+ 4,7% de hausse des encours de crédit aux particuliers.
+ 43,5% de hausse des encours aux personnes morales.
+ 32% des encours de micro crédit sur trois ans.
+ 12% des produits de financement immobilier des entreprises.

Photo de Une : Jean-Claude Gauthier, directeur national du réseau "Entreprises et territoires" et Benoît de Rosamel, directeur régional pour le Sud-Est. (DR JMC)

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