Sport

Identification

8 juin 2018

Christophe Pinna : (...)
Christophe Pinna : le grand défi du champion
Pierre BROUARD
Les Petites Affiches

À 50 ans, le karatéka niçois, multiple champion du monde, a pour but de se qualifier aux Jeux Olympiques de 2020. Portrait d’un battant, également entrepreneur.

Le karatéka niçois Christophe Pinna, sextuple champion de France et d’Europe, quadruple champion du Monde, a achevé sa carrière en beauté en 2000 avec un titre de champion du Monde toutes catégories. Il s’est ensuite consacré à son école de karaté et a été professeur de sport dans l’émission Star Academy sur TF1 de 2005 à 2008. Rien que de très classique dans la reconversion d’un sportif de (très) haut niveau.

Une âme d’entrepreneur

JPEG - 199.4 ko
Le grand champion Christophe Pinna ! DR PB

Puis, tout en continuant à donner des cours un peu partout dans le monde, il a créé son entreprise "SAS Capacity". Une activité orientée vers le sport pour personnes âgées dans cent soixante maisons de retraite en France. "J’ai créé des programmes d’activité physique adaptée en collaboration avec Lionel Faccenda. Nous avons recensé tous les effets du vieillissement. Chaque mois,
140 000 personnes suivent les cours de Capacity. Les professeurs sont des personnes licenciées en sports avec option spécifique
".

Un jour de l’été 2016 réveille son instinct de combattant : "j’étais en vacances et je regardais les JO de Rio à la télévision lorsque j’ai entendu une information annonçant que le karaté deviendrait discipline olympique en 2020. Au début, je n’ai pas pensé à moi, je me suis dit que ce serait super pour les jeunes. Puis je suis rentré à Nice, et une idée a commencé à me trotter dans la tête...

Retour sur les tatamis

Christophe Pinna, 50 ans, a arrêté le karaté il y a presque deux décennies. Un retour sur les tatamis semble impossible : "Il y avait quelque chose qui me gênait mais j’avais envie d’y aller". Sa décision est prise, mais le multiple champion du monde ne le dira à personne : "Tout d’abord, je me suis imposé plein de petites contraintes physiques. Comme me lever à 4 heures du matin pour courir et me recoucher après, de septembre à décembre. Puis, je me suis imposé une préparation physique très dure. Et, en janvier, j’ai annoncé que je reprenais la compétition".
Pour parvenir à ce rêve, Christophe Pinna repart de zéro, s’inscrit aux championnats départementaux.
"Je les ai remportés, puis les régionaux et les interrégionaux". Le Niçois réussit l’exploit de s’imposer devant les meilleurs karatékas entre Marseille et Menton !

Le défi

"Après ce chemin compliqué d’un an et demi, d’échéance en échéance, mon corps s’est blessé par trop d’à-coups. Je souffre de la colonne vertébrale et d’un décollement de l’aponévrose".
C’est blessé et sous médicament qu’il se rend aux championnats de France : "Là, je perds devant le futur champion de France, un gars classé 30ème mondial, un Franco-Sénégalais de presque deux mètres. Il était plus grand que moi, il avait des bras très longs et de l’allonge". Cette défaite fait mal et
Christophe Pinna décide alors de prendre un peu de recul : "Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je laisse les choses venir et je verrai dans quelques semaines. Je réfléchis, je fais du stretching, du yoga".
Et puis, petit à petit, son regard brille, l’esprit du combattant revient : "C’est un coup dur, mais pas un coup d’arrêt. Je vais voir... Je suis classé 139ème au ranking mondial pour l’instant. En mars 2019, je devrai me situer parmi les trente meilleurs mondiaux et pour aller aux JO, je dois rentrer dans le Top 10".
Voilà pourquoi ses amis et ses pairs lui ont tous envoyé ce message "Respect !"

Photo de Une : Christophe Pinna a créé sa société Capacity qui propose des programmes d’activité physique adaptés aux personnes âgées DR

deconnecte